 Les lieux mythiques
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Après s’être intéressé aux compétitions mythiques, Sportsmarkette se penche cette fois sur les lieux les plus prestigieux qui accueillent les manifestations sportives. Car bien, souvent, ces derniers écrivent tout autant la légende du sport que les sportifs eux mêmes.
Examinons donc le cas de la fameuse "Streif" de Kitzbühel, de la salle du Madison Square Garden, du club de Wimbledon, du stade de Maracanã, du parcours de golf d’Augusta et du circuit de formule 1 de Monaco.
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La piste de Kitzbühel
C’est où ?
Au coeur des Alpes autrichiennes, à proximité des villes d’Innsbruck (100 km), de Salzbourg (80 km) et pas très loin de Munich (120 km).
C’est quel sport ?
Discipline principale : Le ski
Discipline accessoire : la course en ambulance avec arrivée jugée à l’hôpital le plus proche après une triple fracture des deux genoux et un traumatisme cranien.
Pourquoi c’est mythique ?
Parce-que la "Streif" est unanimement considérée comme la descente la plus difficile, la plus rapide et donc et la plus dangereuse au monde. La course démarre à 1 665 mètres d’altitude pour s’achever, après un peu plus de 3 kilomètres de course, à 800 mètres d’altitude. Les 860 mètres de dénivelé avec une pente moyenne à 27% et des pics quasi verticaux à 85% permettent aux skieurs de se livrer à des sauts dont la longueur dépasse allégrement les 70 mètres. La vitesse maximale est atteinte dans la compression de Zielschuss, à plus de 140 kilomètres à l’heure.
Trois dates à retenir
1964, 1988 et 1993 : soit les trois seules années, depuis 1931, où la course a été annulée faute de neige.
Deux noms à retenir
Les autrichiens Franz Klammer et Karl Schranz, co-recordmen du nombre de victoires en descente sur la "Streif" avec quatre chacun.
L’anecdote à ressortir avantageusement lors d’un dîner en ville
Le record actuel de la piste appartient à l’autrichien Fritz Strobl avec un temps d’une minute 51 secondes et 58 centièmes. Cependant, si vous arrivez en bas de la piste (lorsqu’elle est ouverte au public en dehors des compétitions) sans dommages corporels sérieux et en moins de 5 minutes, vous pourrez alors vous considérer comme un très bon skieur.
La citation qui tue
"There is no other place in the world where it’s means so much to reach the podium," (Daron Rahlves, descendeur américain). Je vous laisse traduire. Je ramasse les copies dans 5 minutes.
Le Madison Square Garden
C’est où ?
A New-York, dans le quartier de Manhattan, sur la septième avenue, entre les 31èmes et 33èmes rues. En venant de Paris, si vous apercevez la statue de la Liberté du hublot de l’avion, c’est que vous n’êtes plus très loin.
C’est quel sport ?
Disciplines principales : Le basket, le hockey sur glace, la boxe...
Disciplines accessoires : les concerts de Céline Dion et les parties de poker de Patrick Bruel.
Pourquoi c’est mythique ?
Si la salle abrite en temps normal les matchs des Knicks en NBA (basket) et ceux des Rangers en NHL (hockey), c’est surtout la boxe qui a fait la légende du Madison. Les championnats du monde de boxe qui s’y sont tenus sont nombreux, tous plus prestigieux les uns que les autres.
D’ailleurs, sur le site internet du Madison Square Garden, la salle est tout simplement baptisée "The World Most Famous Arena".
Une date à retenir
Le 8 mars 1971, date de l’affrontement entre Ali à Frazier qui oppose deux combattants de légende invaincus sur le ring : Ali qui a été déchu de son titre de champion du monde sur tapis vert à cause de son refus d’être enrolé dans l’armée américaine pour partir au Viet-Nam et Frazier qui a récupéré le titre de champion du monde laissé vacant. Le combat est d’une violence inouïe et se déroule dans une ambiance électrique. Au 15ème round, Ali tombe pour la permière fois de sa carrière au tapis. Il se relèvera mais sera largement battu aux points. De nombreux autres grands championnats du monde se dérouleront au Madison mais aucun n’atteindra jamais l’intensité de ce Ali-Frazier.
Un nom à retenir
Michael Jordan. Le meilleur basketteur de l’histoire se sentait comme chez lui au Madison Square Garden. Il a ainsi anéanti les espoirs de l’équipe locale des Knicks un nombre incalculable de fois. Soit en sortant des matchs de folie avec son équipe des Chicago Bulls (50 points en 1986, 47 points en 1988, 54 points en 93, 55 points en 1995, etc...) soit en arrachant la victoire au buzzer par un tir assassin. Lors de son dernier match au Madison Square Garden, joué le 9 mars 2003 avec les Wizards de Chicago, le public new-yorkais ne s’y est d’ailleurs pas trompé. Pas rancunier, il a réservé une longue ovation à "His Airness" (il faut dire que pour sa dernière, Jordan avait encore fait fort en enfilant 39 points).
La citation qui tue
"Peu importe qu’il s’agisse de Michael Jordan, Mohamed Ali, Franck Sinatra ou le Pape. Ils savent qu’au Madison Square Garden, les projecteurs brillent plus que nulle part ailleurs" (George Kalinsky, photographe officiel de la salle pendant 38 ans)
L’anecdote à ressortir avantageusement lors d’un dîner en ville
L’architecte du Madison Square Garden a été assassiné sur le toît même de son chef d’oeuvre par un certain Harry K. Thaw, qui avait visiblement mal accepté la liaison de celui-ci avec sa femme.
Le All England Croquet and Lawn Tennis Club (Wimbledon)
C’est où ?
A Londres, à environ une quinzaine de minutes de métro de la station de Waterloo.
C’est quel sport ?
Discipline principale : le tennis
Discipline accessoire : le thé, aux environs de 16 heures
Pourquoi c’est mythique ?
N’en déplaise à notre petit égo franchouillard, le tournoi de tennis le plus prestigieux, celui que rêvent de remporter la plupart des joueurs (si ce n’est quelques espagnols besogneux qui ne connaissent de toutes façons que la terre battue), ne se déroule pas Porte d’Auteuil mais bien à Londres, au All England Croquet and Lawn Tennis Club de Wimbledon.
C’est en effet ici que fut organisée en 1877 la première compétition de l’histoire du tennis qui opposa 22 joueurs et qui fut remportée par un certain Spencer Gore.
Un nom à retenir
Martina Navratilova. Avec la bagatelle de neuf titres en simple, sept en double et quatre en double mixte (le dernier en 2003 à l’âge de 47 ans), elle est incontestablement la reine de Wimbledon.
Une date à retenir
La finale 1980 qui opposa un Borg encore au sommet au jeune aux dents longues (et au bandeau rouge) John McEnroe. Pour en savoir plus sur ce match, bien souvent considéré comme le plus grand de l’histoire du tennis, on lira avantageusement l’article de Sportsmarkette qui lui est consacré.
La citation qui tue
"Wimbledon : même les interminables délais imputables à la pluie londonienne font partie de sa personnalité." (Jean Dion, chroniqueur québécois)
L’anecdote à ressortir lors d’un dîner en ville
En 1969, Pancho Gonzalez a battu Charlie Pasarell trois sets à un sur le score de 22-24, 16-14, 6-3, 11-9. Ce match de 112 jeux est le plus long dans l’histoire de Wimbledon. Comme par hasard, le tie-break a été inventé deux ans plus tard.
Le Maracanã
C’est où ?
Dans le quartier de Maracanã à Rio de Janeiro. Accessible en bus et en maillot de bain depuis Copacabana (réduction possible sur présentation d’une carte de membre de Sportsmarkette).
C’est quel sport ?
Discipline principale : le football (sur le terrain)
Discipline accessoire : la samba (dans les tribunes)
Pourquoi c’est un lieu mythique ?
Parce-qu’il est connu comme étant le stade le plus grand du monde. Construit à l’occasion de la Coupe du Monde 1950, les organisateurs annonçaient alors une capacité de 200 000 places (le Guiness Book se contente lui plus modestement de 180 000 places). Même si sa capacité d’accueil a été largement réduite aujourd’hui pour des raisons de sécurité (environ 120 00 spectateurs tout de même), le stade reste mythique et symbolise à lui seul le football brésilien.
Une date à retenir
Le 16 juillet 1950. Alors que cette date devait permettre de célébrer la victoire du Brésil dans sa nouvelle enceinte, ce fut au contraire un jour de deuil national. Le Brésil affronte en effet l’Uruguay dans le match qui doit décider du vainqueur de la première Coupe du Monde. En dépit de l’ouverture du score, le Brésil s’inclinera finalement 2 à 1 après un but de Juan Schiaffino à 10 minutes de la fin. Les 173 380 spectateurs officiellement présents ce soir là sont mortifiés : le Brésil n’est pas Champion du Monde.
Un homme à retenir
Pelé. C’est au Maracanã et nulle part ailleurs, qu’il marqua en 1969 le millième but de sa carrière.
L’anecdote à ressortir avantageusement lors d’un dîner en ville
Le record d’affluence du Maracanã date du 21 mars 1954 à l’occasion d’un match entre le Brésil et le Paraguay, avec 183 513 spectateurs. Moins prestigieux, en revanche, la plus basse fréquentation du Maracanã a été atteinte lors d’une rencontre de Copa Libertadores entre le FC Bangu Tsunami et le Deportivo de Quito. A cette occasion, les 148 spectateurs présents devaient se sentir bien seuls dans l’immense enceinte de Rio.
La citation qui tue
"Et ben dis donc, c’est vachement grand ici" (un supporter de Guingamp habitué au stade du Roudourou et ses 18 000 spectateurs).
Le club house d’Augusta
C’est où ?
Aux Etats-Unis, dans l’Etat de Georgie, à environ deux heures de route d’Atlanta (deuxième à gauche après le stop, continuez tout droit sur 450 mètres puis à gauche au feu).
C’est quel sport ?
Discipline principale : le golf
Discipline accessoire : le machisme (les femmes ne peuvent jouer sur le parcours qu’en tant qu’invitées : elles ne peuvent pas être membres du club)
Pourquoi c’est mythique ?
Parce-que le parcours est d’une difficulté propre à faire perdre leurs nerfs aux meilleurs joueurs du monde. Parce-que c’est sans doute le club le plus select au monde. Parce-que la veste verte, remise au vainqueur du tournoi est le rêve de tout golfeur professionnel qui se respecte.
Un nom à retenir
Clifford Roberts, l’architecte et concepteur des 18 trous d’Augusta. Parce-que à Augusta, la star ce ne sont pas les joueurs, mais bien le parcours.
Une date à retenir
L’édition 1996 lorsque Greg Norman, leader au départ de la dernière journée avec 6 coups d’avance, s’est effondré sans prévenir, concédant 11 coups sur les 18 derniers trous à Nick Faldo qui n’en demandait pas tant pour inscrire son nom au palmarès. Greg Norman ne s’en est jamais véritablement remis et n’a ensuite plus jamais été véritablement en position de remporter un tournoi grand-chelem.
La citation qui tue
"S’il y a un parcours de golf au paradis, j’espère qu’il ressemble à celui d’Augusta". (Gary Player)
L’anecdote à ressortir avantageusement lors d’un dîner en ville
Avant chaque édition du Masters, le vainqueur de l’édition précédente offre un dîner aux autres joueurs.
En 1988, l’Écossais Sandy Lyle s’était risqué à offrir à ses invités du haggis (panse de mouton farcie à la présure de l’animal), le plat traditionnel écossais. En 1997, après son premier succès, Tiger Woods avait ainsi servi des cheeseburgers et des milk-shakes. Enfin, en 2004, le Canadien Mike Weir vainqueur de l’édition 2003 avait fait découvrir à ses adversaires la gastronomie canadienne : caribou et sangliers arrosés de vins.
le Circuit de Monaco
C’est où ?
Dans le Sud de la France, près d’un château princier fort prisé des paparazzi.
C’est quel sport ?
Discipline principale : la formule 1
Discipline accessoire : le championnat du monde des pompistes (les seuls dépassements se font en général dans les stands à l’occasion des ravitaillements)
Pourquoi c’est mythique ?
Le Grand Prix de Monaco est une incongruïté : comment peut-on imaginer sérieusement faire rouler des voitures lancées à 300km/h dans des rues où circulent habituellement des Smart et des Twingo au rythme pépère de 50km/h ? C’est pourtant ce qui se pratique tous les ans depuis 1929.
Un nom à retenir
Ayrton Senna : avec 6 grands prix remportés(dont 5 consécutivement entre 1989 et 1993), il est le recordman du nombre de victoire à Monaco. Voilà au moins un record qui n’appartient pas à Michael Schumacher (qui se sera arrêté à "seulement" 5).
Une date à retenir
L’édition 1984 au cours de laquelle un pilote jusqu’ici inconnu part du fin fond de la grille de départ et remonte un a un tous les concurrents sous les trombes d’eau. Au moment où Alain Prost, alors leader de la course commençait à l’apercevoir dans son rétroviseur, la course est finalement arrêtée à cause des conditions météorologiques jugées dangereuses. Ce pilote, c’était Ayrton Senna (encore lui...).
La citation qui tue
"Le Grand Prix de Monaco, c’est comme faire du vélo dans ma chambre à coucher" disait Nelson Piquet pour souligner l’étroitesse de la piste.
L’anecdote à ressortir avantageusement lors d’un dîner en ville
Lors de l’édition 2004 du Grand Prix, l’écurie Jaguar s’offre un joli coup de pub en incrustant un diamant brut d’une valeur de 200 000 euros dans le nez d’une de ses monoplaces. Problème : au bout d’une minute de course, la pilote autrichien Christian Klien sort de la piste et percute les barrières de sécurité. Dans l’accident, le diamant disaparaît et n’a officiellement, jamais été retrouvé depuis.
Article publié le 15 décembre 2006
Auteur : Damien
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 Vos réactions et commentaires :
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par Mams :
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Un nouvel article sur Sportsmarkette. Ca faisait longtemps et ça fait plaisir. C’est toujours aussi original.
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par Pierre :
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Très bon article rempli d’anecdotes sympathiques.
Je ne cracherai pas sur quelques photos pour illustrer le tout ;-)
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par Nicolas :
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Damien, t’as oublié le court n°1 de Ducharmoy.
Y en a eu des sacrés matchs là bas !
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par Damien :
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Oui. Et y’a aussi le court Central de chez Fifils à Soulac, près de Royan. Mais c’est mythique pour très peu de monde en fait !
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par slim le slim :
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salut damien,
je tombe par hasard sur ton article, quelques mots pour te féliciter, c’est toujours aussi instructif et clair depuis l’époque "supermarkette", ça sent le passionné ;) on se régale à te lire.
Juste un détail, mineur sur l’un des sujets, la capitale du Brésil, c’est Brasilia, pour le reste, rien à redire, très instructif et marrant
à +
slim
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par Damien :
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Salut Slim’. Hmm, en effet, grosse erreur de géographie. Je vais corriger ça rapidement. Sinon, merci pour les compliments, ça fait plaisir ;-)
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