 Le big wave riding
|
|
A l’heure où l’homme éprouve le besoin de se surpasser (non nous ne parlerons pas ici de Fear Factor), en quête d’exploits tous aussi insensés les uns que les autres, certains sportifs de l’extrême se distinguent du commun des mortels : les « Big wave riders » (littéralement les « surfeurs de grosse vague »). Peu satisfaits du swell (la houle, dans la langue de Jean-Pierre Raffarin) pourtant impressionnant de Pipeline (spot d’Hawaii mondialement connu), ils sont à la recherche des plus grosses vagues surfables du monde, pouvant « facilement » atteindre les 20 mètres !!!
|
Un sport
Le big wave riding (ou Huge wave riding) est une discipline du surf. A la différence du surf "classique" de compétition consistant à prendre des vagues en vue d’y exécuter le maximum de figures, les big wave riders se contentent (et c’est dèjà pas mal) de faire un tout droit dans les plus gros swells du monde sans se risquer à y faire trop de manœuvres.
Quoique les évolutions techniques et matérielles de ces dernières années leurs permettent maintenant de tenter quelques petites fantaisies (aerial ou cut back notamment). La performance est certes appréciable, mais le risque encore plus grand. Car devant de telles monstres, ces barjots (n’ayons pas peur des mots) n’ont pas le droit à l’erreur. La moindre faute et c’est le plongeon éternel. Les exemples de Eddie Aikau, père spirituel de la discipline ou encore de Mark Foe, adepte du late take off, en sont l’illustration parfaite : ils ont tous deux tragiquement disparus, emportés à jamais dans l’océan par la vague de trop.
Une histoire
La légende raconte que le premier big wave rider n’est autre que Maui, véritable Dieu Hawaïen, arrivé sur l’île en surfant un raz de marée sur un tronc d’arbre (ben voyons !!!). Dans la réalité, c’est certainement Eddie Aikau qui a le plus marqué la discipline. Ce maître nageur, tragiquement disparu à la suite d’une vague mal négociée, a ainsi donné son nom à la compétition organisée chaque année a Waïmea Bay (la Mecque des Big Wave Rider).
Il est aujourd’hui un modèle (pas forcément à suivre jusqu’au bout quand on connaît la fin tragique de son histoire personnelle) pour tous ces surfeurs de l’extrême. Ce sport n’en n’était alors qu’à ses débuts, et les vagues se prenaient en ramant par la technique du late take off (c’est à dire prendre la vague alors qu’elle est sur le point d’éclater ) rendu nécessaire par la hauteur du swell.
Mais la découverte de nouveaux spots et de vagues encore plus grosses (pouvant atteindre 30 mètres) a montré les limites de la rame : impossible pour l’être humain de s’élancer dans de tels monstres à la seule force des biceps (si gros soient-ils). Un body surfer (le body surf consiste à prendre la vague sans planche), Alex Cole, à alors l’idée de se faire tracter par un zodiac sur une planche de surf beaucoup plus grande, armé d’une mini bouteille à oxygène dans une poche (en cas de chutes et d’apnée prolongée). Le projet ne vit pas le jour mais certains surfeurs s’inspirèrent de la trouvaille.
Laird Hamilton et ses compères ont alors inventé la technique dite du « Tow-in » : le surfeur, les pieds accrochés à la planche comme un véliplanchiste, se fait tracter par un jet-ski qui, grâce à sa vitesse, l’amène dans la vague en cours de formation. Il lâche alors la corde et se retrouve seul, tandis-que le jet-ski s’écarte (mais reste à proximité pour secourir rapidement un surfeur en détresse). Cette nouvelle génération abandonne alors les grandes planches, trop lourdes, pour privilégier des boards plus courtes et plus étroites permettant ainsi d’effectuer des figures dans la vague. Si les puristes ont critiqué ces évolutions, force est de constater qu’elles ont permis de dépasser tout ce qu’on pouvait imaginer : les vagues de 30 mètres sont désormais surfables.
Il existe même aujourd’hui un circuit indépendant (non reconnu par les instances officielles de surf) de Big Wave Riding se déroulant sur les spots qui offrent les plus grosse vagues du monde : Todos Santos au Mexique, Maverick’s en Californie, sans oublier Jaws (où a été créé le Tow-in ») et Waimea à Hawai. Le big wave riding s’est ainsi « démocratisé » (ne vous y risquez pas quand même) mais est paradoxalement devenu plus dangereux, les limites du surfable étant repoussé à l’extrême.
Des exploits
Un homme se distingue à l’heure actuelle : Laird Hamilton. Ce n’est pas un "pur" surfeur puisqu’avant de se mettre au big wave riding, il pratiquait le wind surf (planche à voile dans les vagues). Avec sa planche à voile, il a vite compris que la vitesse était un facteur déterminant pour prendre les vagues. C’est donc lui qui a introduit la technique du Tow-in, révolutionnant ainsi ce sport. Preuve ultime de son succès, on fait aujourd’hui appel à ce casse-cou en tant que cascadeur. Il a par exemple doublé James Bond dans « Meurs Un Autre Jour » lors de la scène de surf tournée à Jaws (et non, ce n’était pas un habile trucage).
Plus qu’un simple big wave rider, Laird Hamilton symbolise également l’anti Kelly Slater, loin des compétitions lucratives et des spots télés (ce qui ne veut pas dire qu’il ne gagne pas bien sa vie, loin de là !!!).
Laird Hamilton est surtout connu pour ses exploits. En 1998 sur le spot de Jaws, il prend ce qui est encore aujourd’hui considérée comme la plus grosse vague du monde jamais surfée. Elle aurait, dit-on, atteint 26 mètres !!!. Le 17 août 2000, à Teahupoo, il récidive et cette fois accompli « le tube du siècle » ; les photos sont tout simplement hallucinantes. Il prévoit dans un futur proche de surfer une vague de 100 pieds (soit plus de 30 mètres) à l’heure où certains pensent même bientôt pouvoir surfer des raz de marée....
On se sent tout petit...
Article publié le 8 mai 2003
Auteur : Ptitkeis
|
|
Si quelques termes de l’article vous semble obscures, allez faire un tour sur ce petit lexique du surf.
Pour voir la fameuse vidéo de la plus grosse vague jamais surfée, c’est par là : Attention les yeux.
Pour quelques photos sympas et aussi une vidéo du "tube du siècle", C’est ici.
Enfin, un très bon site de surf (et de bodyboard).
 Vos réactions et commentaires :
|
par tonysurf29 :
|
|
o lala vous êtes les meilleur et putain la photo elle déchire un max
|
|
par Nono :
|
|
Excusez du peu, mais un éclaircissement sur les raisons de la mort d’Eddie Aikau s’avèrent nécessaires ne serait-ce que en honneur à sa mémoire. Eddie Aikau n’est pas mort en "négociant mal une vague", il a entrepris (en compagnie d’amis) un voyage reliant deux archipels à bord d’un bateau (certains disent pirogue) en signe de symbole de paix, lorsque l’océan ... démonté ... leur fit comprendre qu’un naufrage était iminent, Eddie pour sauver ses camarades n’a pas hésité à se jeter à l’eau avec sa planche de surf et d’essayer de rejoindre le rivage à la rame pour prévenir les secours ... on ne le revis plus jamais ... l’histoire nous apprendra que ses camarades ont tous été sauvés quelques heures après son départ. Plus qu’une spiritualité ... une leçon ... un humanisme ... dorénavant un mythe !
|
|
par Damien :
|
|
Merci pour ces précisions Nono ;-)
|
|
par Fred VICTOR :
|
|
les liens renvoient sur des 404
|
|
par Ptitkeis :
|
|
Effectivement c’est à corriger...
|
|
par Alex (OmNiMeN) :
|
|
Alors là, Laird t’es un dieu !!! Ca fait bien longtemps que tu l’a prouvé !!! Peace !
|
|
par juclermont :
|
|
Belles précisions ! Je pense que bientot les tsunamis vont etre attendus a tel point qu’ils ne seront plus des machines à tuer, mais des machines à surfer, pour autant que les deferlements soient coherent...Au moins il y aura moins de mort et je le souhaite ! Car après jaws et Maverick’s que reste t il ? Scelérates, vagues du siécle ( point break arfff), et............les tsunamis prévisibles !!
Bien à ceux qui aiment dans les machines à laver l’eau qui rentre ds les oreilles le nez et...bien ailleus, un surfer de gros avertis... JR.
|
|